Le goût du métal





La femme prostituée n’a point de visage.  Elle n’est que trou, endroit sur envers, puits sans fond.  Elle est ce là où s’enfouissent doux, si doux, la brisure de nos illusions – et nos vies dépareillées -, la mort de nos espoirs – et nos futurs désertés -, le rêve de l’âme-miroir – et nos pas décalés.

Le mendiant d’amour n’a point de visage.  Il n’est que l’aigu d’un angle, fouissant la terre si fort, si fort, labourant la chair de ses poings, de sa chair pour qu’en jaillisse un aveu, un épi fécond, une fleur d’amour, une espérance.

Sexes sans visage, en frénésie, se désapprennent,

non essentiel,
non rencontre,
l’un l’autre

tombent la bouche, hébétés sous le goût du métal - comme une déchirure -, quand les mots se meurent, sous papier monnaie…

18.10.05 01:28
 


To date 5 Comment(s)     TrackBack-URL


Jacques / Website (19.10.05 09:01)
Encore faudrait-il en avoir de la monnaie.
Le métal çà rouille s'il n'est pas entretenu
J'ai encore un peu de sidol
Il est pour toi
De ta fenêtre
Lances-moi ta clef de sol
Je veux sur la partition t'écrire un impromptu
Que tu aimeras peut-être
Quand seront ôtées les ronces de notre haie
Et que je serai enfin tout à toi.


Marco / Website (23.10.05 04:32)
Ça laisse un sou sur la langue...


aeraine / Website (4.11.05 19:12)
Cruauté...quelle vision (trop) réaliste, et dons blessante.Hélas, si vraie est la vie!


Yann / Website (14.11.05 08:58)
tu nous manque !


(7.12.05 05:54)
Yann,
les mots ne me viennent plus...

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