A peau d'âme, les mots

Incomplétude


                         oeuvre de Nguyen Dinh Dang

c'est le temps de la transhumance
l'inaccompli d'un désir endormi
à l'embellie de mes lèvres violine

          Désirante je m’enflamme
          Exaltée d’un feu inconnu
          Sur ma peau qui se pâme
          Il me vient ce geste nu
          Révélation de l’intime tu

désir
inconscient de soi-même
                                    ignoré de moi-même

enfoui dans le noir de ma mémoire
l'Il


          Infini d’amour
          Lien subtil éclos entre le tu et le je

antériorité
orbitale de feu
schisme de ma naissance
l'à venir de la vie

de mes racines il est l'arpent

c'est le temps d'avant le monde
le temps antique d'une galaxie
Altaïr Achernar ou Canopus
de cet âge l'oubli m'est venu

          Glaces éternelles
          Apocalypse atemporelle
          Linéaments d’un futur
          Avesta d’un nouvel azur
          Xanthiques mondes de l’incréé
          Irréalité de mes rêves
          Envie secrète d’une nouvelle ève


c'est le temps de la tourmente
au coeur sombre de mes nuits
c'est le temps d'une nouvelle encre
au bout des doigts mes mots bleuis

hallucinent

24.9.05 01:54


D'un plus haut voyage






La plainte du vent
me roule - corps d’étoupe tourneboulé
sur le sable fuyant

corps halluciné
comme un gopura dressé -
sur le cœur d’une cible de soie

mes doigts se crispent – voyelles de pierre
gravées
dans l’intuitive pupille d’un premier
né-de-poussière

sur l’aile du vent l’émerillon
plonge vif en mon tréfonds - comme un vide-matière
qui m’effile - ondoyante frayère

abée
d’un plus haut voyage

qui m’accouche de soi 
a cappella
15.9.05 02:58


La Tour


texte  écrit pour Coïtus impromptus






Verticale carrée
de mille ajours ocellée
la Tour
m’
E
L
E
V
E
femme parjure
féminin sous rature
sur les chemins du monde


l’écho

percute un chant du désert
chemin de traverse
"je" résonance

me brouillonne

S
U
I
S

inachevée

12.9.05 23:21


Jeu de lettres



Des poètes m’ont incitée à jouer
lettres coulées entre les doigts
F à foison…





feuille folle
frémissement fugace
féline froissure
fragile féminitude

formes fortuites
floconneuses fractales
frises fragmentées

féconde fulgurance

feu follet
fœtale fascination
fatalité fléchie
fantasmatique féerie

forces foënes

6.9.05 20:27


En ma chair, la meurtrissure


       photo: James Nachtwey

là le soleil se voile
volutes meurtrières
sur les visages la guerre
décime les espoirs
et la douceur de ton regard
troué de noir

à l'est et à l'ouest

la mémoire éparpillée
l'errance d'une chair
meurtrie
sur la rose des vents hurleurs
crucifiée


                AP/Melissa Phillip

le visage de l'homme
défiguré

ni homme ni bête l'humain
dont l'âme forgée
dans les feux de géhenne
perpétue le geste assassin


            photo (Reuters): Karreem Raheem

serait-ce la fin des temps?

nul lieu
où la colombe puisse en la ramée nidifier
nul lieu
pour les enfants en ronde s'élancer
gestes d'amour
jubilatoires

d'espérance me pleuvine

1.9.05 23:43


Photographie

 


 





 


J’ai la nuit dans les yeux


La passion en abîme


Je m'effeuille vertes racines


Dans la pénombre d’une enfance


Miroir à contresens


Mon visage se démembre


Photogramorphose d’un instant


Déjà se consume


Fragile inconstance d'une courbe de temps


 


L’hier de mes ans

11.8.05 22:18


M'en allant promener

 


Se lever le corps ombré d’ennuifficeffice" />


noire hellébore de l’absence la nuit


charrie une indicible douleur


miroir - l’oubli


m’abîme me ride le rire


visage en aphonie


Qu’importe! Je me levai


le geste verrouillé l’âme en défaite


un dernier regard une oreille distraite


Benabar chante


Dis quand reviendras-tu


trois petits points de suspension


qui me creusent le corps


la peau tendue comme l’hymen


au temps des premiers émois


ceux que l’on rêve beaux


ceux que l’on ose - à petits pas


en gestes nus qui s’effeuillent


de caillou à genou


les mots se découvrent   


les mots se déchirent - dans le blanc


petit matin


un premier amour se meurt


derrière la porte close

5.8.05 23:15


L'ombre

 


L’ombrefficeffice" />


sur ma peau ruisselle


l'inconnue lumière des mondes miroirs


ellipsoïde de l’infinitive


réminiscence


ni mâle ni femelle


l'ombre


goutte de lune sur la tête du serpent


en mon sein rouge l’originelle meurtrissure


le temps de la césure


l'ombre


ciboire du Verbe  


qui ruisselle le feu blanc


sur le sombre de ma peau


 


 

29.7.05 00:04


Un poème caché

 


Sur une page virtuelle effacée, le serveur retrouve un poème cachéfficeffice" />


chant de vigne oublié


il fait chaud au cœur


 


l’envie naît


 


d'un poème renouvelé


 


Ton corps


au creux de mon corps


noue les voiles du berceau


 


ma main poisson lune glisse


feuille de soie sur ton front lisse


Adieu noirceur de la sombre eau


 


mes lèvres sur le faîte de ton nez


ovulent un baiser


sur le silence des mots


quand s’élève le rouge coquelicot


 


ma langue voyageuse de délices


chemine dans l’entre-deux rives


Ô ta bouche !  Ce doux calice


Que les mots m’en dérivent


 


dans l’ouvert du tombeau


abandonne ta loi


délaisse tous tes maux


poussière étoile


nos corps     s’envolent


sur les ailes de l’amor


  


viens mon amour


 


à l’aube de l’ultime renaissance


déployons nos ailes d’anges déchus


dans un grand bruissement orgasmique


 


mille mille flamboyances


 

22.7.05 22:59


Voyage sur l'Achéron

 


J’ai traversé le miroir de la nuitfficeffice" />


En ce lieu obscur où ne vivent ni


Les rêves ni les belles légendes


Seul un noir regard où tournoient les ailes


Annonciatrices d'une hurlante


Terreur  


Seul un noir verger où mille potences


Jusqu’à la déchirure pendulent


Nos espoirs




Sous la morsure des souffles tourmentés.


17.7.05 13:39


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